"Cela me trottait dans la tête depuis plusieurs années". Erwan Ropars, en quittant le Bagad Kemper, fin 98, avait déjà jeté les bases de ce qui deviendra rapidement la dixième formation quimpéroise à évoluer en concours. Formé d’éléments aguerris, autant que de jeunes en devenir, le bagad Kerne est avant tout, dans l’esprit de son concepteur, une école d’apprentissage et de découverte du patrimoine inépuisable dont il possède une "matière épaisse".
Monté grâce au soutien efficace de quelques mécènes et des subventions du Conseil régional, relayé par le Conseil général puis la ville de Quimper, le groupe est forcément parti de la base la plus plate. Celui qui connut les honneurs les plus flamboyants, trouve ce challenge excitant. " Je n’y vois aucune frustration dégradante, au contraire.
Erwan Ropars, trente ans de Bagad Kemper, dont un quart de siècle comme penn soner, ont fait de lui, la figure emblématique de la musique traditionnelle de notre région. Aujourd’hui, désormais bien assuré du succès de sa démarche de création du Bagad Kerne, l’ex "Grand bleu" ne s’habille plus que de rouge, couleur qu’il entend bien mener aux plus belles destinées musicales.
"Progresser dans la sagesse"
De la cinquième, le Kerne s’est hissé, haut la main, en quatrième catégorie, après avoir nettement dominé les manches de Quimper et Carhaix. Mené par quelques briscards venus d’eux-mêmes se lancer dans cette aventure ("je n’ai sollicité personne"), le groupe, aux costumes à dominante rouge (couleur de Cornouaille au 19e siècle), s’oriente fort naturellement vers l’étage supérieur. A partir de là, c’est son penn soner qui l’affirme, "nous jouerons pour nous-mêmes en développant le répertoire, avec un respect absolu de la qualité".

Le bagad Kerne, qui fait d’ores et déjà partie des bagadoù les plus sollicités, tant en festoù-noz qu’en démonstration diverses, se compose, en son équipe première, d’éléments de grande maturité, dont certains sont déjà issus de son école. Il prépare l’avenir musical en formant, à l’instar des autres bagadoù de Bretagne, de nombreux élèves, dont les plus jeunes n’ont pas encore dix ans. Cette perspective absolue, déjà transmise à ses enfants Steven (cornemuse au Kerne) et Mona (bombarde au Moulin-Vert), Erwan Ropars en a fait son inlassable objectif.
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